Concours une journée dans la peau d’un sextoy : Texte # 019
C’est au tour de Vagant d’être publié, j’en profite pour faire un petit coup de coup pour son blog.
Je vous rappelle que le concours : Une journée dans la peau d’un sextoy est ouvert à tous et peut vous permettre si votre texte est sélectionné par notre jury parmi les 4 meilleurs de remporter un Rabbit. Pour concourir, il suffit de nous envoyer votre contribution à : concours@pinkeo.com
Sextoy Story :
Une honte ! C’est une honte ! On s’envoie en l’air, à un, deux, voire plus si affinités, et dès qu’on atteint le nirvana, on m’oublie ! Mais qui fait tout le boulot hein ? Qui ? Ben c’est moi, Roger, Roger Rabbit ! Aujourd’hui, personne ne se soucie plus de moi. C’est bien simple, c’est comme si je n’existais pas !
Pourtant, moi, je n’avais rien demandé à personne. J’étais bien tranquille sur les rayonnages de mon sex shop anglais, à bavarder avec mes potes Double Dong et Plug Anal. On passait notre temps à chambrer Nelly, la poupée gonflable, parce qu’elle avait toujours un air d’ahurie avec sa bouche grande ouverte. Et puis on matait des pornos à longueur de journée, peinards. De temps en temps, on y voyait un de nos congénères qui y faisait de la figuration. Jamais le premier rôle, tu
penses bien, et trop souvent un vétéran, à moitié déglingué à force de faire tout et n’importe quoi. Nous, ça nous faisait rigoler, mais on rigolait jaune lorsqu’on le voyait claquer en plein tournage, parce qu’on savait qu’un jour ou l’autre, ce serait notre tour de plonger dans la vie active.
Lorsque j’ai vu l’autre excité avec ses yeux hagards entrer dans ma boutique, j’ai tout de suite senti que ça allait être mon tour. Il faut dire que je n’avais pas le moral. La veille, on avait vu partir Nelly au bras d’un gros grec adipeux. La pauvre Nelly, avec sa bouche grande ouverte, on avait l’impression qu’elle criait “Au viol”. Mais personne n’entendait rien, et on n’a rien pu faire. Alors le soir où l’autre obsédé a débarqué, j’ai été dégoûté de la race humaine pour de bon.
Faut comprendre : la Kathy, elle n’avait d’yeux que pour moi. Fallait les voir, ses yeux lubriques quand elle m’époussetait le matin en chantonnant des chansons paillardes! Ben vous me croirez si vous voulez, mais c’est elle qui m’a trahi. Oui, elle m’a vendu, et au premier venu, pour une poignée de livres sterling ! Je n’ai même pas eu le temps de dire Adieu à Dong; Plug qu’elle m’avait collé dans une boite en carton et l’autre cinglé m’a emporté pour un long, long voyage.
Si vous vous imaginez que j’ai vu du pays, ben vous vous fourrez le vibro dans l’oeil. Rien du tout. Une seule fois on m’a sorti, et en catimini encore. C’était à l’embarquement de l’Erostar pour Paris, mais le douanier m’a rangé aussi sec comme s’il avait honte de moi. Je ne suis pourtant pas beau, avec mon orange Fluo ? Lorsque l’autre fou m’a sorti à nouveau de ma boite, alors là, je n’en croyais pas mes yeux ! Imaginez un peu la scène :
Une belle blonde allongée, les yeux bandés, les poignets attachés à la tête du lit, à moitié nue ! Sans même m’expliquer quoi que ce soit, voilà que l’autre énergumène m’a collé devant sa vulve comme on met un maçon au pied du mur. Je n’étais pas fier. Ça impressionne, on se demande si on va en ressortir de ce trou là. Mais bon, j’avais de bonnes vibrations, l’autre sensuel nous a laissés nous accoutumer l’un à l’autre, moi et celle qui serait ma maîtresse, et hop, il m’a poussé dans le grand bain !
Il faisait chaud là dedans, une étuve ! Je me suis débattu comme j’ai pu : en jouant des castagnettes avec mes oreilles vibrantes contre sont clitoris, en faisant la danse du ventre contre son point G, et en agitant la tête au fin fond de sa chatte. Un véritable sexe-orchestre ! Ah, pour ce numéro là, vous n’en trouverez pas deux comme moi ! Bref, je me suis démené comme un beau diable jusqu’au moment où j’ai senti une grande secousse. L’autre fada ma sorti de là tout trempé, et pas que de sueur je peux vous le dire. Pour une première, je n’étais pas peu fier de moi.
Mais maintenant, ils étaient trois : ma maîtresse, l’autre halluciné et un grand frisé qui était arrivé subrepticement pendant que j’étais en train de turbiner. L’excité a retiré le bandeau de la blonde. Il a dit qu’il avait gagné son défi, celui de la faire jouir sans la toucher. La blonde avait l’air surprise mais contente. Quant aux deux couillons, ça, ils étaient ravis. Enfin, le couillon, je ne sais pas trop qui c’est en fin de compte, car ils m’ont abandonné sur la table de chevet pour faire leurs cochonneries tous les trois, sans même m’accorder un regard. Et dans le noir en plus! Là encore je n’ai rien vu.
Quand ils ont terminé, l’autre agité m’a donné à ma maîtresse avant qu’elle ne rentre chez elle.
Si vous croyez qu’elle m’a présenté comme un gode de mon rang, pas du tout ! Comme si elle avait honte de moi elle aussi! Elle n’a rien trouvé de mieux que de m’enfermer au fond d’une armoire.
Et pourtant, elle en a des yeux brillants quand elle me ressort, les nuits où elle peut par dormir. Elle sait où me trouver dans ces moments là ! Et moi, bon bougre, je la travaille au corps sans la moindre panne.
C’est pas une vie, moi j’vous l’dis !
–Roger Rabbit qui veut retrouver sa Nelly !–



17 mars 2008 à 10:25
Excellent ! j’ ai adoré le style et l’ histoire en elle-même ! BRAVO !!
17 mars 2008 à 12:31
Merci Felindra. Je vais sans doute publier sur mon blog le récit qui m’a inspiré cette histoire. Il sera moins comique, mais plus érotique…
22 mars 2008 à 15:55
Drôle et délicieux en même temps… un amant idéal !
27 mai 2008 à 11:09
[…] Texte # 19 envoyé par […]