Concours une journée dans la peau d’un sextoy : Texte # 020

On démarre cette semaine avec un tout nouveau texte signé l’enfant bulle. Bonne lecture à tous.

Je vous rappelle que le concours : Une journée dans la peau d’un sextoy est ouvert à tous et peut vous permettre si votre texte est sélectionné par notre jury parmi les 4 meilleurs de remporter un Rabbit. Pour concourir, il suffit de nous envoyer votre contribution à :concours@pinkeo.com

Dirty Dancing

Le réveil fut difficile… La veille, elle s’était organisée une soirée glace au chocolat/ Hugh Grant.

« Coup de foudre à Nothing Hill », « 4 mariages et un enterrement » et Haagen-dazs sont les ingrédients d’un cocktail aphrodisiaque redoutable…

Depuis que nous faisons vie commune, elle et moi, j’en sais quelque chose et, si vous ajoutez là dessus « Dirty Dancing », j’ai intérêt à me transformer en parkinsonien épileptique si je veux conserver ma place d’auxiliaire érotique favori (je dois, en effet, faire face à la concurrence tout-terrain du rouge à lèvres vibrant… gadget retors d’un quelconque « Q » libidineux).

Donc, hier soir, vers minuit, je me suis retrouvé à faire du surf sur les vagues roses de sa vulve travaillant mon pote Robert, le clitoris, au corps. Syncrétisme de Mohamed Ali et de James Brown, je virevoltais autour de son sexe revenant sans cesse au « ground zero » clitoridien. Le cycle de ses gémissements et autres soupirs, me fournissant de précieuses statistiques sur la qualité de ma prestation.

Robert, durant notre face à face, me disait : « Elle a relu « Madame Bovary » cette semaine… J’me suis emmerdé à un point… Tu peux pas imaginer… Presque autant que la fois où elle a ramené un adhérent du Modem pour copuler… Je me disais qui si la Bovary avait eu un ami comme toi, elle nous aurait moins gonflé avec ses élans romantiques à la con… Comme disait Philippe Noiret dans Tango (et oui son clitoris est cinéphile) : Il vaut mieux une bonne branlette qu’un mauvais mariage. Finalement, vous, les sex toys, vous avez fait plus pour la libération de la femme que toutes les autodafés de soutien-gorge…»

J’allais continuer cette passionnante discution, mais elle passa soudain en DEFCON 1 et je fus introduit dans son vagin. Le rythme de ses râles se faisait plus pressant, avec cette profondeur qui m’a toujours fait penser que l’orgasme féminin est un judas dans la porte du Paradis (et si vous suivez mon raisonnement, la clé en est donc un … gode ! Bien, je vois que l’on suit même au fond). Une femme qui jouit est plus proche de Dieu que n’importe quel prophète1.

Alors que je philosophais, bercé par le lent va-et-vient au sein du tunnel de velours de ses muqueuses, je sentis qu’elle mettait en fonction son petit kamasutra personnel de la masturbation : parfois, dans elle se couchait sur le ventre, sa main droite, titillant Robert2 et l’autre me faisant pilonner son vagin ; d’autre fois, elle me chevauchait en amazone ou assise dans le fauteuil du salon, les genoux posés sur les accoudoirs, elle offrait son intimité au reflet d’un miroir multiplicateur exponentiel de son plaisir.

Autant vous dire que j’ai oeuvré jusque tard dans la nuit… Lorsque j’ai regagné le tiroir du chevet, c’est avec la fierté de l’ouvrage bien fait que j’ai pu rechargé mes accus.

Le lendemain, soucieuse d’hygiène, elle me lava soigneusement et me regarda en souriant, elle me dit : « C’est vraiment dommage que tu ne sache pas bricoler… Je t’aurai bien épousé… Et je suppose que si je te donne un baiser, tu ne te transformera pas en Prince Charmant…»

Puis elle partit remplir sa journée de working girl.

Il est 21 heures, ses rires me réveillent, elle doit être en train de lire ses blogs préférés : Sois belle et parle, So glamourous, etc.

Au bout d’une heure, j’entends ses pas faire grincer le parquet et les premiers accords sirupeux de la BO de « Dirty Dancing » dégoulinent.

Le tiroir s’ouvre, elle me prend me regarde droit dans le gland et me dit doucement : « Vous m’accorderez bien cette danse ? »

« Let’s go ! It’s the Blitzkrieg Bop ! » s’exclame hurle Robert du fond de son jean !3

1ceci explique sans doute la haine des religions pour le plaisir féminin…

2C’est le nom de son clitoris… Faut suivre bordel !

3Il faut reconnaître que son clitoris a de meilleurs goûts musicaux qu’elle… On ne soupçonne jamais assez l’influence
des « pop-corn movies » sur la libido adolescente…

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