Concours une journée dans la peau d’un sextoy : Texte # 026
Le texte du jour m’a été envoyé par Manu, je vous en souhaite une bonne lecture.
Je vous rappelle que le concours : Une journée dans la peau d’un sextoy est ouvert à tous et peut vous permettre si votre texte est sélectionné par notre jury parmi les 4 meilleurs de remporter un Rabbit. Pour concourir, il suffit de nous envoyer votre contribution à :concours@pinkeo.com
Heure O moins 20 minutes
« Lancement de la check-list :
- Piles neuves . Ok.
- Etanchéité du joint . Ok.
- Moteur . »
Et ainsi de suite. Tout est opérationnel, comme à l’habitude. Il faut dire que depuis bientôt une année que je suis en mission dans cette salle de bain, j’ai eu le temps de me roder. Mais prudence est mère de sûreté : un pépin est si vite arrivé. Et si l’échec d’une mission est rarement préjudiciable, il suffit d’en connaître très peu pour se retrouver évincé au fond du placard à prendre la poussière, le moteur grippé et noyé par des piles usagées . Hors de question que cela m’arrive !
Heure O moins 15 minutes
Ma toute première mission. Je m’en souviens comme si c’était hier. J’étais mort de trouille ! J’ai bien cru que jamais je n’arriverai à lancer mon moteur ! Le vieux Paddy nous avait prévenu. Il nous avait bien dit que la première mission serait stressante. Aaah, ce vieux Paddy. Notre instructeur sur la base de Pinkeo.Un vétéran, un vrai ! D’aucun disait qu’il était là depuis des décennies. Sa légende disait même qu’il avait eu pour compagnon lors d’une de ses glorieuses campagnes, un rasoir électrique branché sur du 110V ! J’ai beaucoup de mal à croire que Paddy fut si vieux, mais que ça fut vrai ou pas, une chose était sûre : Quand Paddy parlait, la bleusaille écoutait.
« Ne laissez jamais place à l’improvisation, soyez sûr de vous-même, précis, et la mission sera un succès. La récompense sera là : vous irez au trou ! »
Au gnouf comme on le dit dans notre jargon. Et il avait raison . Plus d’une fois j’ai réussi ma mission en appliquant tout ce que Paddy m’avait enseigné, et plus d’une fois je l’ai mérité, le gnouf ! Il faut dire que ma technique de camouflage est parfaite. Les membres de mon escouade m’avaient pris pour un fou lorsque j’eus choisis la tenue dans laquelle j’opèrerai. Alors qu’ils optaient tous pour des combinaisons en latex aux couleurs flashy, ou alors en métal argenté voire doré pour les plus fortunés, équipés de moteurs surpuissants à plusieurs vitesses, j’avais jeté mon dévolu sur une tenue qui ne payait pas de mine : un joli jaune poussin, un petit moteur un temps, un bec et des ailes : j’allais devenir un joli petit canard .
« Pauvre vieux . Ca ne marchera jamais . Tu vas vite prendre la poussière . » furent quelques unes de phrases que j’entendis le plus souvent. Et pourtant, j’avais raison. Bientôt un an que j’avais effectué ma première mission. Des dizaines et dizaines d’autres avaient suivies, toutes couronnées de succès. Je suis probablement un des derniers de mon escouade encore en activité. Il faut dire que je me fonds dans le décor : Dans un coin de la salle de bain, sur le rebord de la baignoire, personne ne fait réellement attention à moi. Les invités, de passage, me voient comme un jouet pour amuser les enfants de la famille dans leur bain. Ils n’ont pas tout à fait tort d’ailleurs, ceux-ci, ignorant tout de ma vraie nature, jouent beaucoup avec moi ! Combien de course à travers la baignoire ai-je gagnée contre une tortue ou un bateau en plastique ? Combien de fois les ai-je éclaboussé en descendant à toute vitesse la pente folle de la baignoire ?. Mais seule une personne sait activer en moi les bons ressorts, faisant ressortir ma vraie nature. D’ailleurs, quand on parle de la louve .
Heure O moins 10 minutes
Une douce lumière vient éclairer la baignoire, c’est un signe qui ne trompe jamais. La lumière agressive du plafonnier n’est pas de mise lorsque vient le moment d’accomplir ma mission. Un doux bruit d’eau qui coule . La senteur des sels de
bain qui monte de l’eau chaude . Une main me saisit délicatement et me voilà flottant sur un océan d’eau et mousse parfumée, à peine agité par le clapotis d’un corps alangui et détendu dans l’eau brûlante . Un dernier contrôle rapide, superflu, tout est parfaitement en ordre comme d’habitude. Je regarde ma montre. Heure O moins 8 minutes, il est plus que temps que je m’active, si je veux tenir les délais. Les yeux rivés sur mon objectif, sur la grotte humide que je devine à travers la vapeur, je me laisse dériver,porté le faible courant. Contournant une cheville délicate, longeant un mollet, plongeant sous un genou pour m’engager dans la vallée dessinée par ses deux cuisses, pour enfin me retrouver devant elle, le bec frôlant l’entrée. Un petit rire cristallin résonne tandis que deux doigts pressent mes ailes. C’est le signal que j’attendais. Je réagis au quart de tour, lançant mon moteur à toute puissance, laissant les vibrations m’envahir. Je m’active . Elle m’active . Tantôt je m’approche, me collant au plus près de son intimité, tantôt je m’éloigne, revenant sans crier gare. Le maître mot : la surprendre . J’effleure la peau, révélant un petit bouton rose, gonflé de désir.Je m’y attarde parfois, pour m’en éloigner aussitôt avant d’y revenir . Mon entraînement porte ses fruits, mes gestes sont sûrs, précis, doux et bientôt, mes vibrations s’arrêtent. Mon bec est humide, mais cette fois, ce n’est pas dû à l’eau qui nous entoure. De là où je suis, je peux la voir : les yeux fermés, le souffle court, son ventre se soulève à un rythme effréné tandis que quelques gémissements parviennent jusqu’à moi.
Je consulte mon horloge interne. Heure O plus une minute. L’Orgasme est survenu pile à l’horaire prévu.Une nouvelle mission menée avec brio. Bientôt, elle va me nettoyer, et me reposer sur le bord de la baignoire, non sans m’avoir déposé un baiser sur le haut du crâne, un sourire complice aux coins des lèvres.
Quel jour sommes-nous déjà ? Vendredi, en fin d’après-midi ? Je règle ma montre. Demain soir, une nouvelle mission m’attend. Je dois être prêt.
Heure O moins 25 heures .



1 avril 2008 à 14:37
Sympa celui-là aussi
Dur dur d’être un sextoys, faut toujours être ponctuel…
Au fait, comment il fait pour le changement d’heure ?
1 avril 2008 à 18:29
Si le chien est le meilleure ami de l’homme, le canard est en train de devenir le meilleur ami de la femme…. Petit, mignon et craquant, je l’adore !!!!
2 avril 2008 à 15:52
Encore un récit que j’aime bien.
27 mai 2008 à 11:01
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